Je pensais que notre déménagement, comme tout déménagement était juste un sale moment à passer et qu'une fois les cartons posés, les travaux terminés, la vie quotidienne reprendrait son court, tout simplement.

Je pensais que le fait d'avoir une jolie maison (celle dont nous rêvions depuis longtemps), un jardin, un nouveau home sweet home serait une joyeuse nouvelle étape pour notre famille.

J'avais, nous avions, cependant minimisé les répercussions que ce déménagement pouvait avoir sur nos petites puces.

Je savais que cela serait un peu difficile pour la Jeannette mais je pensais, peut être un peu naïvement, que le temps ferait son affaire et que sa capacité d'adaptation à toute épreuve ferait le reste.

Cependant, je dois bien le reconnaître, nous nous sommes totalement plantés.

Jeanne est une petite fille sensible, très attachée à ses petites habitudes, à son environnement.

Depuis le mois de novembre, elle a recommencé à faire des terreurs nocturnes. Il y a quelques mois, nous avions consulté un médecin du sommeil qui nous avait rassuré sur le fait que cela ne durerait pas. En effet, les terreurs s'étaient arrêtées. Et puis rebellotte.

Il y a aussi eu ce refus net de faire ses cartons de jouets, les colères, les caprices et un comportement de pré-adolescente. 

Et puis il y a eu un petit bobo à la cheville, une journée "off" toutes les deux à la maison car elle ne pouvait pas poser le pied par terre. Malgré une certaine suspicion lorsque je l'ai vu danser dans sa chambre vers 10h30, le médécin a bien diagnostiqué une entorse.

Il était 16h30 quand nous sommes sorties de chez le docteur et Jeanne m'a demandé si nous pouvions "juste passer" devant son ancienne école.

Nous sommes rentrées dans la cour.

Soudain, une nuée de petites filles (Loane, Sybille, Aure-Lise, Charlène, Johanna, Saba, Tracy..., ses copines depuis la petite section de maternelle) se sont ruées sur ma louloute avec des "Jeanne est revenue", "Jeanne tu nous manques", "Jeanne quand est-ce que tu reviens".

Et puis, il y a eu la maîtresse et les autres instits de l'école, toutes très chaleureuses, autour de ma puce. De très jolies choses ont été dites sur elle.

Il y a surtout eu cette joie immense de ma fille entourée de ses amies qui l'inondaient de questions et de baisers.

J'en ai été bouleversée.

J'avais minimisé les répercussions que pouvaient avoir ce déménagement sur ma toute petite. Je la croyais forte avec une faculté d'adaptation incroyable. J'ai été confrontée à sa réelle souffrance de petite fille de quitter ses amies, son école, ses habitudes. Elle, qui ne dit rien. Nous qui devons tout deviner.

Depuis, il y a eu ses quelques mots sur ses maux. Des innocents "maman, la nourriture était meilleure avant, à Choisy", "quand on déménagera de la Varenne, est-ce que l'on pourra retourner à Choisy ?".

Je suis cependant certaine qu'elle va s'y faire et que son petit coeur sera moins lourd dans quelques semaines, dans quelques mois. Qu'elle se refera un petit monde bien à elle, avec de "vraies" copines, sans oublier toutefois les autres.

En attendant, j'essaie de combler ce manque et rendez-vous est d'ores et déjà pris avec les copines : samedi 16h dans le parc de la mairie avec les vélos et les trottinettes.

Mais ce jour là, par le biais d'une toute petite entorse de rien du tout, j'ai compris que ma petite fille était malheureuse.

 Et ce jour là, j'ai eu bien mal.

 

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